Robert Nyst Admin

Age : 57 Inscrit le : 15 Fév 2007 Messages : 746 Localisation : Belgique Qualification : Technicien dentaire indépendant
| Sujet: Sigmund Freud - Rêve de dent arrachée Mar 24 Avr - 9:03 | |
| Commentaire d’0 Rank au reve de la dent arrachée de Freud
http://psydoc-fr.broca.inserm.fr:8003/index/FMPro?-db=psydocindex&-lay=saisie&-format=textesFreud.htm&motscles=texteFreud&-sortfield=titre&-find
Le travail du rêve (S. Freud 1900) Rêve de dent arrachée (2) Texte de S. Freud : “J'introduis ici un rêve de « stimulus dentaire » commnuniqué par Otto Rank, cela pour combattre l'interprétation populaire qui dans les rêves de dents arrachées ou de chute de dents voit l'indication de la mort d'un parent ; la psychanalyse ne saurait voir dans cette interprétation qu'une parodie.“ Texte de O. Rank : “Un confrère qui, depuis quelque temps, s'intéresse de plus en plus à l'interprétation des rêves me communique les indications suivantes au sujet des rêves de stimulus dentaire : «Je rêvai récemment que j'étais chez le dentiste qui creusait une dent reculée de ma mâchoire inférieure. Il y travailla si longtemps qu'il la rendit inutilisable ; il la saisit alors avec la pince et l'arracha en se jouant, avec une facililé qui m'émerveilla. Il dit que je ne devais pas m'inquiéter, parce que ce n'était pas la dent qu'il avait traitée, et il la mit sur la table où la dent, qui, à ce qu'il me sembla, était une incisive supérieure, tomba en plusieurs morceaux. Je me levai du fauteuil, m'approchai avec curiosité et posai une question médicale. Le dentiste m'expliqua, tout en séparant les morceaux de cette dent (qui était d'une blancheur saisissante) et en les broyant avec un instrument (en les pulvérisant), que cela tenait à la puberté et que ce n'est qu'avant la puberté que les dents sortent si aisément ; et chez les femmes, lors de la naissance d'un enfant. Je remarquai ensuite (dans un demi-sommeil, me semble-t-il) que ce rêve avait été accompagné de pollution, mais je ne pouvais dire avec certitude à quel moment du rêve celle-ci s'était produite ; il me semblait que ce devait être au moment où la dent avait été arrachée. « Je ne me rappelle plus la suite du rêve ; il s'achève ainsi : je laisse mon chapeau et mon habit, pensant qu'on me les rapportera, quelque part, sans doute dans le vestiaire du dentiste, et, vêtu de mon seul pardessus, je me hâte pour prendre un train qui va partir. J'arrive à sauter au dernier moment sur le dernier wagon où il y a déjà quelqu'un. Mais je ne peux y entrer et dois faire le voyage dans une situation incommode, dont je finis pourtant par me libérer. Nous entrons dans un grand tunnel, où tiennent, en sens opposé, deux trains qui paraissent traverser le nôtre, comme si celui-ci était le tunnel. Je regarde à travers une des fenêtres du wagon, comme si j'étais dehors. Commentaire du rêveur : « Voici les faits et les pensées de la veille du rêve, qui peuvent servir à l'interpréter : « I. Il est vrai qu'un dentiste me traite depuis peu et que, pendant le rêve, je n'ai cessé de souffrir de la dent de la mâchoire inférieure que l'on creuse dans mon rêve et à laquelle, en effet, le dentiste travaille depuis plus longtemps que je ne l'aurais souhaité. Dans la matinée qui a précédé le rêve, j'étais retourné chez lui à cause de la douleur; il m’avait expliqué que je devrais me laisser arracher une autre dent de la même mâchoire, d'où venait probablement la douleur. Il s'agissait d'une dent de sagesse qui venait de pousser. A cette occasion, je lui avais posé une question qui mettait en jeu sa conscience médicale. « II. Dans l'après-midi de ce même jour j'avais dû m'excuser de ma mauvaise humeur auprès d'une dame, en arguant de mes maux de dents ; là-dessus elle m'avait raconté qu'elle craignait de devoir se faire arracher une racine dont la couronne était presque complètement ruinée. Elle pensait que les dents œillères étaient particulièrement douloureuses et dangereuses à enlever, bien qu'une amie lui eût dit que les dents de la mâchoire supérieure (pour elle il s'agissait d'une de celles-là) étaient plus faciles à arracher. Cette amie lui avait aussi raconté comment on lui avait arraché, après l'avoir endormie, une dent qui n'était pas celle dont elle souffrait ; ceci avait encore accru la peur de l'opération nécessaire. Elle me demanda ensuite si les dents qu'on appelait œillères étaient des molaires ou des canines. Je la mis en garde contre les histoires de bonnes femmes qui courent sur ce sujet, tout en lui disant cependant qu’il y avait quelque vérité dans beaucoup d'idées populaires. Elle en connaissait une très ancienne et très répandue, selon laquelle une femme enceinte qui souffre des dents doit mettre un garçon au monde. « III. Cette sentence me fit songer à ce que dit Freud dans sa Traumdeutung (2ème éd., p. 193) du rêve à stimulus dentaire, substitut de l'onanisme ; en effet, cette phrase populaire met aussi en relation la dent et le membre viril (le garçon). Je relus donc, le soir de ce jour, ce passage de la Traumdeutung, et j'y trouvai, entre autres choses, les indications suivantes dont l'influence sur mon rêve est aussi nette que celle des faits précédemment indiqués. Freud écrit, au sujet des rêves à stimulus dentaire, que “la force pulsionnelle de ces rêves est chez les hommes l'onanisme de la puberté ". Il ajoute : “Je crois que les modifications fréquentes du rêve typique à stimulus dentaire, par exemple quand un autre arrache la dent du rêveur, etc., pourraient s'expliquer toutes de la même façon. Il peut paraître singulier que le stimulus dentaire ait ce sens. Je dois rappeler ici la transposition si fréquente de bas en haut (dans le rêve en question de la mâchoire inférieure à la mâchoire supérieure), qui sert le refoulement sexuel et grâce à laquelle dans l'hystérie toutes sortes de sensations et d'intentions - qui devraient concerner les organes génitaux - peuvent se manifester du moins dans des parties du corps auxquelles on n'a rien à reprocher. Je dois encore indiquer une autre concordance dans notre langue. Il y a dans nos pays une expression grossière pour exprimer la masturbation : sich einen ausreissen, ou : sich einen herunterreissen... “ (2ème éd., P. 194; supra, p. 332-3). Je connaissais bien cette expression dès ma prime jeunesse, et un interprète de rêves un peu exercé n'aura aucune peine à trouver ici le matériel infantile qui doit être au fond de ce rêve. J'indique encore ici que la facilité avec laquelle on enlève dans le rêve la dent qui devient ensuite une incisive supérieure rappelle un fait de mon enfance : je m'arrachai moi-même une dent de devant de la mâchoire supérieure, qui tremblait, facilement et sans douleur. Ce fait, que je me rappelle encore aujourd'hui clairement et en détail, est de la même époque que les premiers faits d'onanisrne que je peux me rappeler (souvenir-écran). « L'indication, donnée dans Freud, d'une communication de C. G. Jung, d'après laquelle les rêves à stimulus dentaire auraient chez les femmes le sens de rêves d'accouchement, ainsi que la phrase populaire sur le sens des maux de dents chez les femmes enceintes, ont introduit dans le rêve l'opposition entre la signification féminine et la signification masculine (puberté). Je me rappelle, en, outre, un rêve plus ancien. Peu de temps après avoir payé une somme considérable au dentiste qui avait mis à mes dents des couronnes (1) d'or je rêvai que ces couronnes tombaient et j'étais très fâché dans le rêve de cette dépense que j'avais dû faire. Je comprends maintenant ce rêve : il dit les avantages matériels de la masturbation sur l'amour d'objet, moins intéressant sur le plan économique ; je pense que ce que cette dame m'a dit de la signification maux de dents chez les femmes enceintes a pu réveiller chez moi cet ensemble de pensées. » (1) (N. d. T.) : à cette époque, la couronne était l'unité monétaire en Autriche, “Voilà donc, continue Rank, l'explication lumineuse et, à mon avis, parfaitement exacte du confrère. Je n'ai rien à y ajouter, mais je dois indiquer le sens probable de la seconde partie, qui, grâce aux mots de transition : Zahn - ziehen – Zug ; reissen - reisen - (dent - tirer – train ; arracher - voyager), paraît indiquer le passage, probablement ardu, du rêveur, de la masturbation aux relations sexuelles (tunnel où les trains entrent et sortent dans diverses directions), ainsi que les dangers que présentent celles-ci (grossesse, pardessus). « Le fait me paraît intéressant au point de vue théorique pour deux raisons. D'abord il confirme la relation découverte par Freud entre l'éjaculation et l'acte d’arracher la dent. Nous sommes obligés de considérer la pollution, sous quelque forme qu'elle apparaisse, comme une satisfaction masturbatoire qui se produit sans excitations mécaniques. Ici elle n'a pas trait à un objet, même imaginaire, elle est sans objet, et, si on peut dire, purement autoérotique; tout au plus pourrait-on reconnaître une légère indication homosexuelle (le dentiste). En second lieu, il faut relever le fait suivant : On pourrait objecter qu'il est inutile de faire intervenir ici la conception freudienne, puisque les faits de la veille suffisent parfaitement à nous faire comprendre le contenu du rêve. La visite du dentiste, la conversation avec la dame et la lecture de la Traumdeutung suffisent à expliquer que le rêveur, troublé dans son sommeil par le mal de dents, ait eu ce rêve - si l'on veut même, il l'aura eu pour repousser la douleur qui trouble son sommeil (et aussi par la représentation de l'arrachement de la dent douloureuse enlevée et l'effacement par la libido de la douleur redoutée). Mais on soutiendra difficilement que la lecture des explications données par Freud suffisait pour créer ou simplement pour rendre active la relation entre l'arrachage d’une dent et l'acte masturbatoire, si cette relation n'avait déjà préexisté, chez le rêveur, depuis longtemps (ce qu'il avoue lui-même : sich einen ausreissen). Ce qui, outre la conversation avec la dame, a pu renouer cette relation, le rêveur nous l'indique lui-même : pour des motifs aisément compréhensibles, il ne pouvait, en lisant la Traumdeutung, croire à cette signification typique du rêve avec stimulus dentaire, et il souhaitait savoir s'il en était ainsi pour tous les rêves de cette espèce. Le rêve lui confirme ce fait pour lui-même et lui montre d'où venaient ses doutes. Ainsi, même en ce sens, le rêve est l'accomplissement d'un désir : le désir de se rendre compte de la portée et de la solidité de cette conception freudienne.“ Texte intégral in S. Freud : L’interprétation des rêves, chapitre VI, pages 333 à 337 (Paris, P.U.F., 1967)
Mots-clés : TexteFreud, Rank, psychanalyse, Freud, Traumdeutung, reve, dent, arrachee, croyance, populaire, dent, chute, travail, dentiste, douleur, signification, mal de dent, femme, enceinte, accouchement, stimulus dentaire, puberte, onanisme, voyage, train, tunnel, pardessus, reve typique, Revededent, _________________ « Dans le désert si vous voulez de l’eau fraîche laissez-la s’évaporer ! » http://www.dentaire.com/AlliagesPorositesBrasuresEtPorcelaines.pdf http://users.telenet.be/sous.la.poussiere.des.grimoires/ |
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