| | APERÇU DE LA MÉDECINE DANS L’ANTIQUITÉ | |
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Robert Nyst Admin

Age : 57 Inscrit le : 15 Fév 2007 Messages : 744 Localisation : Belgique Qualification : Technicien dentaire indépendant
| Sujet: APERÇU DE LA MÉDECINE DANS L’ANTIQUITÉ Ven 6 Avr - 12:09 | |
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BREF APERÇU DE LA MÉDECINE DANS L’ANTIQUITÉ
1. LA MÉDECINE MÉSOPOTAMIENNE La quasi totalité des informations relatives à la médecine mésopotamienne provient de quelques tablettes en écriture cunéiforme qui ne représentent qu’une très faible proportion de tout le matériel écrit retrouvé par les archéologues. Il est important de noter que pour cette civilisation, on ne possède aucune « représentation imagée » (peinture, sculpture, bas-relief…) relative au domaine médical. De plus, les restes humains de cette époque et de cette région sont tellement rares qu’ils ne nous apprennent rien sur les pratiques appliquées (contrairement à l’Egypte qui fournit aux chercheurs une quantité énorme de matériel humain sous la forme de momies). Les rares tablettes à caractère médical proviennent presque toutes de la « bibliothèque » d’Assurbanipal, dernier grand Roi assyrien. Quand son palais a été incendié, 20 000 tablettes d’argile ont été « miraculeusement cuites » par les flammes et ont pu ainsi se conserver de façon remarquable. Les archéologues ont eu aussi la chance de découvrir la « bibliothèque » d’un « médecin » pratiquant à Assur, documents auxquels il convient d’ajouter 30 textes médicaux en provenance d’Uruk. Tout ce matériel, bien que diffus et incomplet permet de se faire une petite idée de ce que pouvait être la médecine mésopotamienne.
Les Mésopotamiens ont certainement fait preuve de compétences dans le domaine curatif mais apparemment, ils n’ont rien établi de précis concernant la théorie, tant au niveau du fonctionnement des organes que de celui des troubles qui pouvaient les frapper. De plus, leurs conceptions médicales étaient un mélange curieux et confus de Magie, d’Astrologie, de Divination et accessoirement… de Médecine. Par exemple, pour eux, une éclipse annoncée (leurs Astronomes-Mages étaient très compétents en ce domaine) pouvaient aussi bien être la cause d’une grave maladie chez un individu en bonne santé que le facteur de guérison d’un malade. Certaines thérapeutiques relevaient du plus pur des hasards. Ainsi, si le « médecin » se rendant chez un malade voyait un faucon volant à sa droite, le patient était sûr de guérir… par contre, si le faucon volait à sa gauche, le pauvre homme était irrémédiablement condamné. Les textes retrouvés semblent très proches, dans leur forme, des manuels de sorcellerie et pourtant, les descriptions qui sont faites des maladies ainsi que les remèdes préconisés font montre d’un réel don d’observation ainsi que d’un évident bon sens en ce qui concerne les traitements. Pour les Mésopotamiens, les maladies étaient causées chacune par une « divinité » ou un « esprit » correspondant à une partie spécifique du corps. Par exemple, le mal de tête était provoqué par « la main du Dieu-Tête ». Mais il est bien difficile d’en dire plus car beaucoup de maladies étaient simplement désignées sous un nom, tel « bennu », qui ne veut absolument rien dire pour nous. Notons encore que certains Dieux pouvaient agir à un niveau extrêmement important et provoquer les épidémies.
Pour lutter contre ces « malheurs », les Mésopotamiens faisaient appel à deux types de médecins :
- Le premier portait le nom d’Ashipu. Dans les textes les plus anciens, l’Ashipu est même désigné sous le nom de « Sorcier ». Son rôle essentiel consistait à diagnostiquer le mal, en fait à déterminer quel Dieu ou Démon provoquait la maladie chez le patient. Très important, il devait aussi déterminer si la dite maladie ne pouvait pas être la conséquence d’une erreur ou d’un péché de la part du malade. Une fois la cause établie, l’Ashipu pouvait essayer de guérir le patient au moyen de « charmes de prières et d’incantations » sensés éloigner l’esprit responsable de la maladie. En cas d’impuissance ou s’il se jugeait incompétent en la matière, l’Ashipu pouvait diriger le malade vers une personne plus compétente, en l’occurrence…
- Le second praticien qui portait le nom d’Asu et qui était le spécialiste des traitements à base de plantes et que l’on pourrait, lui, qualifier de « médecin ». L’Asu avait une assez bonne connaissance empirique des médicaments qu’il utilisait. Pour soigner les blessures, par exemple, il faisait reposer ses soins sur trois techniques de bon sens : nettoyage de la plaie (avec utilisation de plantes antiseptiques),bandage et maintien en place au moyen de plâtres. Certains de ces plâtrages faisant intervenir diverses résines et produits chimiques pouvaient avoir la faculté d’éviter toute invasion bactérienne.
Souvent, la distinction entre Ashipu et Asu était loin d’être claire et certains Ashipus pouvaient préconiser des remèdes à base de plantes tandis que certains Asus pouvaient utiliser des incantations magiques pour soutenir et renforcer leurs médications.
Certaines informations au sujet des médecins mésopotamiens proviennent du code des Lois d’Hammurabi, et il faut reconnaître qu’elles ne manquent pas d’intérêt. Plusieurs d’entre elles établissent la responsabilité et les droits du médecin pratiquant des actes chirurgicaux nécessitant « l’utilisation du couteau ». Si le chirurgien sauvait une personne de haut rang, il devait être payé dix shekels, par contre, s’il ne sauvait qu’un esclave, sa rémunération ne pouvait pas dépasser deux shekels. S’il provoquait la mort d’une personne de haut rang, il courait le risque d’avoir la main coupée, mais si c’était un esclave qui y laissait la vie, le praticien n’était condamné qu’à payer le prix d’un esclave de remplacement.
Certaines tablettes d’argile décrivent aussi diverses drogues ainsi que leurs vertus, mais ces drogues sont bien difficiles à identifier dans la mesure où elles sont toujours désignées sous la forme de métaphores aussi explicites que « Graisse de Lion » ou « Feu du désert ». Toutefois, il y a tout lieu de penser que ces drogues étaient pour la plupart des extraits de résines diverses ou des épices qui avaient indéniablement des propriétés antiseptiques ainsi que « le pouvoir de masquer l’odeur d’une blessure infectée et malodorante ».
Outre l’appel à l’Ashipu ou à l’Asu, les Mésopotamiens disposaient d’un autre moyen de se soigner. Ils pouvaient aller prier dans le temple de Gula, Dieu canin dont les pouvoirs curatifs avaient la réputation d’être particulièrement efficaces. Les fouilles archéologiques n’ont pas permis de montrer si les patients qui venaient au temple pouvaient être logés dans le sanctuaire pendant leur « traitement » (contrairement aux Asclépions grecs). Ces temples auraient donc pu être de simples lieux de diagnostics des maladies. Toutefois, ils avaient une valeur indéniable dans la mesure où ils comportaient une importante « bibliothèque » de descriptions des symptômes et des soins. Mais il semblerait que la plus importante part de la médecine était dispensée au domicile du patient, la famille se chargeant de donner les soins prescrits. En dehors du domicile, les Mésopotamiens accordaient une grande valeur curative aux Fleuves qui avaient la réputation de pouvoir entraîner les forces mauvaises qui provoquaient les maladies. Parfois une « petite résidence secondaire » était construite au bord du fleuve pour que le malade se retrouve dans des conditions idéales de guérison.[/size][size=16]En conclusion, il est possible de dire que la médecine babylonienne, à la fois sommaire et empirique, n’eut que bien peu d’influence sur le développement ultérieur de cette Science qui établit ses bases les plus solides sur les connaissances des Egyptiens qui se sont transmises et ont progressé grâce à l’intervention des médecins grecs. _________________ « Dans le désert si vous voulez de l’eau fraîche laissez-la s’évaporer ! » http://www.dentaire.com/AlliagesPorositesBrasuresEtPorcelaines.pdf http://users.telenet.be/sous.la.poussiere.des.grimoires/
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| Sujet: Suite Ven 6 Avr - 12:10 | |
| http://coll-ferry-montlucon.planet-allier.com/medecianti.htm 2. LA MÉDECINE ÉGYPTIENNE
Il y a tout lieu de supposer que la médecine en Egypte puise directement ses origines dans les techniques et rites liés à l’embaumement. Progressivement ce souci purement religieux (conservation du corps pour le retour futur à la vie) évolua vers les connaissances anatomiques, la chirurgie et la médecine curative. Mais il convient de bien garder présent à l’esprit qu’il n’y avait aucun distinguo entre le Médecin, le Prêtre et le Magicien. Ainsi, pour soigner par exemple une morsure de serpent ou une piqûre de scorpion, le praticien cumulait l’emplâtre d’herbes et de miel, les incantations et les amulettes ! On peut aussi penser que la curiosité poussa les embaumeurs à essayer de déterminer les causes de la mort par l’examen des organes internes. Le rituel religieux s’ouvrant progressivement sur les premières tentatives d’autopsie ! De là à envisager et expérimenter des traitement curatifs, il n’y avait qu’un pas qui fut franchi et dès lors, par l’intermédiaire de la religion, la médecine empirique fit son entrée dans la vie quotidienne des Egyptiens. Si ces conceptions nous paraissent bien « rustiques » aujourd’hui, il ne faut pas oublier qu’à leur époque, les médecins égyptiens jouissaient d’une excellente réputation. Pour eux, les maladies et troubles, qui ne résultaient pas d’un accident évident, étaient forcément provoqués par des puissances hostiles : Divinités maléfiques, Esprits malins, âme errante d’un mort n’ayant pas reçu les sacrements réglementaires…
Durant toute la période pharaonique, il se développa en Egypte une « corporation » de médecins ayant même souvent des spécialités : oculistes, dentistes, gynécologues… et même vétérinaires… mais cela n’a rien d'étonnant en ce qui concerne ces derniers puisque de nombreux animaux étaient sacrés et embaumés après leur mort. Ce qui est intéressant pour les chercheurs de notre époque, c’est que les médecins de l’Egypte antique prenaient soin de tout noter par écrit, aussi bien les descriptions des organes atteints et les symptômes observés que les compositions des remèdes à utiliser dans chaque cas. Ainsi de nombreux papyrus décrivent-il le fonctionnement du corps humain, le rôle du cœur et des vaisseaux sanguins, l’architecture osseuse… mais il faut bien aussi reconnaître que nombre de ces descriptions sont agrémentées d’éléments à la fois fantastiques et fantaisistes. Par exemple, les médecins égyptiens ignoraient tout de la fonction des reins et pensaient que les vaisseaux sanguins transportaient tous les fluides corporels, y compris l’urine… et même les larmes. Ils utilisaient une foule de produits à des fins curatives, produits d’origine aussi bien minérale que végétale ou animale... Parmi ces derniers, ils faisaient une grande consommation de miel, de lait et… d’urines diverses ( hippopotame, pélican, ibis…). Les textes retrouvés montrent que les anciens Egyptiens étaient déjà victimes de la bilharzie et que différents traitements avaient été envisagés pour lutter contre cette plaie du Nil. Ils essayaient aussi de soigner les migraines tenaces en pratiquant la trépanation. Ils savaient soigner les caries en bouchant les trous des dents avec des « ciments minéraux » ou des « plombages » en feuille d’or. On a retrouvé des mâchoires perforées, preuve qu’ils avaient su vider des abcès. Dans ce pays où la poussière et les mouches sont omniprésentes et où l’hygiène est une notion des plus vagues, les maladies de l’œil étaient très fréquentes et de nombreux documents font mention des divers traitements qu’il est possible d’appliquer. Il semblerait que la chirurgie osseuse ait été elle aussi assez bien développée ainsi que le montre le « Papyrus d’Edwin Smith » (acheté à Louxor en 1862) et qui ne compte pas moins de 110 pages. Ce document porte une annotation permettant de le dater de 1534 avant J.C., mais certains de ses passages autorisent à penser qu'il pourrait être, pour partie, une compilation de documents nettement plus anciens.
Enfin, il convient de noter un dernier point des plus intéressants : Les médecins égyptiens avaient dressé une liste non exhaustive des « maladies contre lesquelles personne ne pouvait rien ». Pour la première fois de l’histoire apparaissait donc la notion de mal INCURABLE ![/size][size=16]Non seulement les médecins égyptiens jouissaient d’une excellente réputation auprès de leurs contemporains mais en plus, les deux plus grands médecins de l’Antiquité : Hippocrate et Galien, ne manquèrent jamais de rappeler tout ce qu’ils devaient à ces praticiens qui les avaient précédés et dont ils avaient étudié les textes dans les temples, en particulier celui de Memphis. En effet, presque chaque temple égyptien possédait son « hôpital » où les pèlerins pouvaient venir se faire soigner par les Prêtres-Médecins qui ne se privaient pas d’utiliser à leur avantage toutes sortes de guérisons « miraculeuses » souvent « arrangées d’avance ». Preuve que la publicité fonctionnait déjà bien à l’époque.
Pour simplifier, on peut dire qu’il est possible de diviser l’histoire de la médecine grecque en trois grandes périodes :
A/ Le temps des légendes et des Dieux
Cette première période relève presque exclusivement de la Mythologie. D’après la légende, c’est le Centaure Chiron qui aurait été l’inventeur de la Médecine et de la Chirurgie. Il aurait été le « Maître » d’Asclépios (Esculape), fils d’Apollon et de Coronis à qui il révéla ses secrets de guérisseur. De nombreuses références médicales à caractère magique ou divin figurent aussi dans l’œuvre d’Homère, en particulier dans l’Iliade où il est fait mention de nombreux traumatismes et blessures ainsi que de la façon de les soigner. L’art de guérir fut d’abord le privilège de certaines famille, en particulier celle d’Asclépios (Roi de Trikki) dont Homère chanta les mérites et dont Pindare fit un Dieu. A l’origine, le nom thessalien d’Asclépios était « Askalapios », un terme qui désigne la taupe ! Cet animal très abondant en Thessalie était considéré comme un animal guérisseur dans la médecine magique. Primitivement, Asclépios était donc un « Dieu-Taupe », une divinité issue de l’élément »Terre » . Asclépios eut de nombreux enfants dont deux filles : Hygie, déesse grecque de la santé dont la compétence relevait des soins généraux et de la propreté (Hygie… hygiène) et Panacée dont le nom devenu commun désigne un remède universel. A partir du VIIième siècle avant J.C. la médecine passa entre les mains des prêtres d’Asclépios qui se regroupèrent en une caste de guérisseurs : les Asclépiades. Ils exerçaient leur art dans des temples monumentaux appelés Asclépions et qui étaient de véritables petites villes avec lieux de culte, centres d’hospitalisation et de soins (généralement situés près d’une source thermale), hôtels, commerces… Les plus célèbres étaient situés à Epidaure, Pergame, Cos, Cnide, Ephèse et Athènes.
Comme le Dieu Asclépios ne pouvait intervenir en personne dans ces sanctuaires, les prêtres utilisaient des serpents apprivoisés pour rendre des oracles et d’après les rêves que faisaient les patients la nuit suivante, ils décidaient des remèdes à employer. Cette médecine était-elle vraiment efficace ? C’est bien difficile à déterminer. Notons toutefois que de nombreux ex-votos qui ont été retrouvés par les archéologues concernent des remerciements adressés par les patients à la divinité, suite à la guérison de leur mal… Mais il est dit aussi dans certains textes d’époque que « les Asclépios étaient surtout compétents et efficaces pour soigner les gens en bonne santé » ! D’ailleurs, une comédie d’Aristophane, « Plutus », représentée en 390 avant J.C. fait assister à la guérison de Plutus (Dieu de la Richesse) dans un des Asclépions, et les railleries de l’auteur comique grec montrent à quel point ces méthodes de thérapeutique sacerdotale étaient tombées dans le plus total discrédit.
B/ Les premiers médecins
Ce n’est qu’au VIième siècle avant J.C. que la médecine grecque commence à devenir rationnelle sous l’impulsion d’Alkmaion de Crotone. Disciple de Pythagore et élève de l’école de médecine de Crotone, il inaugura la méthode expérimentale en Médecine et en Biologie. Il étudia vraiment la structure du corps en pratiquant des dissections et vivisections sur les animaux. C’est ainsi qu’il fut le premier à faire le distinguo entre les veines et les artères. Il s’attacha aussi plus spécialement aux organes des sens et à leurs relations avec le cerveau. L’unique ouvrage d’Alkmaion que l’on peut considérer comme le premier traité de physiologie a été perdu, mais il est certain qu’il exerça une grande influence sur ses disciples et successeurs parmi lesquels il convient de citer : Hippocrate, Platon et Démocrite. Le second personnage capital de cette période est bien sûr Hippocrate que l’on peut considérer comme le véritable père de la Médecine. Lui même fils, puis père, de médecins, il naquit à Cos dont il appartenait à l’Asclépion. Une légende le présente même comme un descendant direct d’Asclépios. Il acquit l’essentiel de ses connaissances grâce à son esprit d’observation et à ses nombreux voyages à travers le monde grec, l’Egypte et peut être même l’Asie Mineure. Son œuvre fut considérable. On lui attribue 153 écrits répartis en 72 livres dont certains, apocryphes et d’origine tardive, ont certainement été rédigés par ses élèves ou leurs successeurs. Pour résumer, on pourrait dire que l’œuvre d’Hippocrate permet de distinguer deux domaines : l’un consacré à la description des maladies et qui est remarquable de justesse dans l’observation… l’autre portant sur la recherche des causes et des moyens de guérir les affections et qui est beaucoup plus discutable. Mais en fonction des connaissances de l’époque et surtout de la façon dont étaient abordés ces problèmes, force est de reconnaître que l’œuvre d’Hippocrate est exceptionnelle, même si parfois elle est entachée d’erreurs bien compréhensibles et parfaitement excusables. Hippocrate eut surtout l’immense mérite de mettre en valeur « l’examen clinique » et de débarrasser la médecine de sa « gangue magique ». Toutefois, les préjugés religieux et les lois draconiennes qui punissaient en Grège toute « intervention » sur les cadavres, constituèrent un obstacle considérable aux progrès en la matière.
C/ La période égyptienne
Grâce à Alexandre le Grand, le centre culturel de la Grèce Antique va se trouver transféré à Alexandrie. Vers le IIième siècle avant J.C ., Ptolémée Soter institua dans sa capitale une important école de Médecine. Cette école qui tira une grande partie de ses connaissances des savoirs accumulés par les prêtres égyptiens fut à l’origine de la Médecine grecque puis de la Médecine Romaine. Il faut aussi tenir compte de l’immense réservoir de connaissances que constituait la fameuse Bibliothèque. Notons aussi que grâce à l’initiative de Ptolémée III Evergète qui eut l’idée de créer une seconde Bibliothèque et de l’installer au Serapeum ( un vieux temple dont les souterrains contenaient les tombeaux d’Apis ) dans un autre quartier de la ville, cette Bibliothèque Fille fut épargnée lors du catastrophique incendie de l’an 47 avant J.C. . Avec ses ouvrages échappés au feu et ceux de la Bibliothèque de Pergame offerts par Antoine à Cléopâtre, il fut possible de reconstituer en grande partie le savoir des Anciens. A cette époque, l’Ecole d’Alexandrie comptait un grand nombre de Médecins dans ses rangs. Deux raisons expliquent les progrès considérables accomplis par la Médecine de cette époque : d’une part, les chercheurs avaient accès à tous les savoirs des anciens Egyptiens qui, depuis des siècles, pratiquaient l’embaumement et la momification, ce qui leur avait permis d’acquérir des connaissances essentielles sur l’anatomie et la physiologie. D’autre part, la plus grande libéralité des dirigeants d’Alexandrie avait permis la pratique de la dissection à laquelle les Grecs « traditionnels » s’étaient toujours opposés. La médecine alexandrine est surtout marquée par deux noms : Hérophile et Erasistrate. Hérophile naquit en Asie Mineure en Bithynie, dans la ville de Chalcédoine. Il eut pour Maîtres un des dernier Asclépiades : Praxagore de Cos, et un représentant de l’Ecole de Cnide : Chrysippe (un médecin qui avait beaucoup voyagé en Egypte où il s’était particulièrement intéressé aux drogues végétales). Formé à la fois par un hippocratique et un cnidien, il put ainsi réussir la synthèse entre le savoir clinique de Cos et la recherche de l’explication logique des causes pratiquée à Cnide. Hérophile put disposer de nombreux cadavres humains pour ses recherches. Ses pratiques scandalisèrent ses contemporains, surtout quand la rumeur l’accusa de pratiquer la vivisection sur des condamnés à mort. A ce propos, Tertullien n’est pas tendre envers lui et le décrit ainsi: « Ce médecin ou ce boucher qui a disséqué six cents personnes pour sonder la nature, même quand la mort au lieu d’être naturelle a été provoquée par des artifices de dissection (vivisection) ». Par contre, Celse prendra sa défense en justifiant ainsi ses pratiques : « Il n’est pas cruel de rechercher dans le supplice des criminels des remèdes pour les innocents de tous les siècles ». Hérophile s’intéressa surtout à la neurologie. Le second personnage est Erasistrate qui naquit à Julis dans l’île de Cos. Il eut les mêmes Maîtres qu’Hérophile mais en plus, il bénéficia du savoir de Théophraste. Sa renommée fut immense et il se spécialisa en ophtalmologie. Beaucoup le considèrent comme le père fondateur de la Physiologie et de la Neurophysiologie. Malheureusement aucune de ses œuvres (onze ouvrages) n’est parvenue jusqu’à nous. Nous n’en connaissons que quelques extraits cités par Galien. A la fin de sa vie, il connut la déception immense de ne pouvoir se guérir lui même d’un ulcère du pied et il préféra se suicider en s’empoisonnant avec de la ciguë. Hérophile et Erasistrate furent les deux plus illustres médecins de l’Ecole Alexandrine. C’est à cette école que pour la première fois, on doit la découverte du cristallin et son rôle dans la vision…même si on pensait encore à l’époque que l’œil émettait des rayons vers l’objet qu’il regardait.
Projet Educatif Européen « SOCRATES COMENIUS » - Collège Jules Ferry (Montluçon) LES ORIGINES DU PATRIMOINE SCIENTIFIQUE EUROPEEN Coordonnatrice du Projet : Melle BANKO Martine. Animateur du Projet : Mr GIRAUD Jean Auteurs du document : Mme GALIOU Thaleia et Mr GIRAUD Jean. Créateur de la page Web : Mr OLLIER Jean Pierre _________________ « Dans le désert si vous voulez de l’eau fraîche laissez-la s’évaporer ! » http://www.dentaire.com/AlliagesPorositesBrasuresEtPorcelaines.pdf http://users.telenet.be/sous.la.poussiere.des.grimoires/ |
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