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 Pline l’AncienVoir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
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Robert Nyst
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MessageSujet: Pline l’Ancien   Mar 24 Avr - 9:24

Pline l’Ancien

Pline n’était pas un médecin, mais l’un des plus grands écrivains de son temps. Né en 23 après J-C, dans une riche famille à Cômedans le nord de l'Italie, Pline suit à Rome les cours de l'école des Rhéteurs.
En dépit des lourdes tâches de sa carrière administrative, Pline occupe la plus grande partie de son temps à d’innombrables lectures dont il fait des résumés.
La dernière partie de sa vie est dévolue à une vaste compilation (trente-sept livres) dédicacée à Titus : son Histoire naturelle.
Pline assure qu'il a utilisé plus de deux mille volumes pour rassembler la matière de cette vaste enquête sur la Nature.
Il y consacre tout son temps libre. À tout moment, pendant ses repas ou en voyage, il a toujours à ses côtés un lecteur et un copiste auquel il dicte des extraits de ce qu'il entend lire Il mourut en 79, victime de sa curiosité en étudiant l’éruption du Vésuve qui ensevelit Pompéi.

Son Naturalis Historia est un mélange d’éléments vécus, de traditions et d’observations qui constitue une source abondante de renseignement sur les pratiques médicales de son époque.


AIL Allium Sativum

L'ail est un des plus anciens traitements de l'odontologie.
Pline l'Ancien préconisait ceci : "Trois gousses (d'ail) pilées dans du vinaigre soulagent les maux de dents, et il en va de même si on utilise une décoction d'ail comme bain de bouche, ou si on met de l'ail cru dans les dents creuses".

Boussel (1970) raconte que Ambroise Paré pour qui "la douleur des dents est la plus grande et cruelle qui soit entre toutes les douleurs, sans la mort" avait expérimenté, pour lui-même, un remède qui avait fait merveille, consistant à "placer une gousse d'ail bien chaude contre la dent malade". La forme et la couleur de la gousse d'ail rappelle la dent, de plus, elle a des propriétés vermifuges propre à chasser "le ver de la dent".

Pline l'Ancien écrira que « le platane est l'ennemi des chauves-souris » et que ses capitules, « pris dans du vin à la dose de quatre deniers, sont un antidote contre tous les venins de serpents et de scorpions, ainsi qu'un remède contre les brûlures.
La décoction de l'écorce dans du vinaigre est un remède contre les maux de dents, et celle des feuilles les plus tendres, dans du vin blanc, contre les inflammations des yeux »

Pline dit que les dents nous ont été données pour nous servir d’armes et de déffence, il soutient Aristote qui estime que par la Nature, l’homme est orné de raison & prudence suivie de modestie qui sont les meilleures armes qu’il porte (p. 8).
_________________
« Dans le désert si vous voulez de l’eau fraîche laissez-la s’évaporer ! » http://www.dentaire.com/AlliagesPorositesBrasuresEtPorcelaines.pdf http://users.telenet.be/sous.la.poussiere.des.grimoires/
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Robert Nyst
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MessageSujet: Re: Pline l’Ancien   Lun 20 Aoû - 10:35

http://agora.qc.ca/encyclopedie/index.nsf/Impression/Pompei

Histoire

Récit de la mort de Pline l'Ancien lors de l'éruption du Vésuve en 79
Lettre de Pline le Jeune à Tacite:
«Vous me demandez que je vous écrive comment mon oncle a péri, afin que vous puissiez redire cette catastrophe avec plus de vérité à la postérité. Je vous en remercie, car je vois qu'à sa mort , si vous la célébrez, est réservée une gloire immortelle. À la vérité il a composé lui-même des livres nombreux qui demeureront: néanmoins la durée éternelle de vos écrits ajoutera beaucoup au maintien de son souvenir. À mon avis, heureux sont ceux à qui par la faveur des dieux il fut donné ou de faire ce qui mérite d'être écrit, ou d'écrire ce qui mérite d'être lu; plus heureux encore ceux qui ont cette double prérogative. C'est parmi ces derniers que sera mon oncle, grâce à ses livres et aux vôtres.Aussi ce que vous me demandez, je m'en charge volontiers, et même à mon tour, je l'exige de vous. Il était à Misène, et de sa personne commandait la flotte. Le 9 des calendes de septembre (24 août)* vers la septième heure de la journée (la première heure était comptée du levé du soleil), ma mère lui dit qu'il apparaissait un nuage d'une grandeur et d'une forme extraordinaire. Mon oncle s'était chauffé au soleil, avait pris de l'eau froide, puis, couché, avait fait un gouter et il étudiait; il demande ses sandales, et monte en un endroit d'où la merveille était le plus visible. À le voir de loin, on ne savait de quelle montagne le nuage sortait; on sut depuis que c'était du Vésuve. De tout les arbres le pin est celui qui en représente le mieux la ressemblance et la forme. En effet , le nuage avait comme un tronc très allongé qui s'élevait fort haut, puis se partageait en un certain nombre de branches. Sans doute, à mon avis, soulevé par le souffle encore récent puis abandonné par ce souffle qui faiblissait, ou même affaissé sous son propre poids, il se raréfiait et s'élargissait. Il était tantôt blanc, tantôt sale et taché, suivant qu'il avait entraîné de la terre ou de la cendre. Un homme aussi savant que mon oncle jugea un pareil phénomène considérable, et digne d'être connu de plus près: il commande qu'on prépare une liburnique, il me donne le choix d'aller avec lui, ou de rester. Je répondis que j'aimais mieux étudier; et le hasard avait fait que lui-même m'avait donné quelque chose à écrire. Il sort de la maison, il prend ses tablettes. À Rétine, les matelots, effrayés de l'imminence du péril, le suppliaient de se dérober à un danger si grand. En effet, Rétine est une maison de campagne au pied de la montagne, et dont on ne pouvait s'échapper que par mer. Lui change de dessein, et, ce qu'il avait commencé par désir de s'instruire, il le poursuit par générosité. Il fait mettre en mer des quadrirèmes, il s'embarque lui-même, portant secours non seulement à Rétine, mais à d'autres endroits, car ces lieux charmants étaient très-fréquentés. Il court là où les autres fuient, et il gouverne directement vers le péril; tellement libre de crainte, qu'il notait et dictait tous les mouvements, toutes les figures de ce phénomène à mesure de leur apparition. Déjà la cendre tombait sur les vaisseaux, d'autant plus chaude et plus épaisse qu'on approchait d'avantage; déjà même arrivaient des pierres ponces et des pierres noires, calcinées et brisées par le feu;déjà le fond de la mer s'était subitement élevé et la montagne écroulée barrait le passage. Il hésita un moment s'il retournerait en arrière; puis au pilote, qui lui conseillait de le faire, il répondit: "La fortune vient en aide aux hommes courageux, gouvernez vers Pomponianus." Pomponianus était à Stabies, séparé par un golfe intermédiaire; car la mer entre dans les rivages qui offrent des courbes et des inflexions graduelles. Là le danger n'était pas encore voisin, mais il était apparent, et s'il croissait, il allait être imminent; aussi Pomponianus avait fait porter son bagage dans les vaisseaux, décidé à fuir si le vent contraire tombait. Mon oncle, amené par ce vent qui lui était très-favorable, embrasse son ami effrayé, le console, l'exhorte; et, pour diminuer par sa sécurité les terreurs de Pomponianus, il se fait donner un bain. Après le bain il se met à table, dîne gai ou paraissant gai, ce qui est non moins magnanime. Cependant le mont Vésuve en plusieurs lieux projetait des flammes très-larges et des incendies élevés, dont la lueur et l'éclat s'accroissaient par les ténèbres de la nuit. Mon oncle, pour dissiper les frayeurs, répétait que c'était des maisons de campagnes qui, abandonnées au feu et désertées par les paysans épouvantés, brûlaient dans la solitude. Alors il se livra au repos, et dormit d'un véritable sommeil; car sa respiration, qu'il avait, à cause de sa corpulence, pesante et bruyante, était entendue de ceux qui se trouvaient sur le seuil de l'appartement. Mais la cour de laquelle on allait au corps du logis se remplissait déjà tellement de cendres et de pierres ponces, que, si on fût resté plus longtemps dans la chambre, on aurait pas pu en sortir. Réveillé, il vient dehors, et rejoint Pomponianus et les autres, qui avaient veillé. Là on délibère s'il vaut mieux rester dans la maison ou errer en plein air. En effet, les murailles chancelaient par de fréquents et violents tremblements; et, comme arrachées de leurs fondements, elles semblaient de ça et de là aller et revenir. En plein air on craignait la chute de pierres ponces légères et calcinées: la comparaison fit choisir ce dernier péril. Chez lui la raison triompha de la raison; chez les autres, la crainte de la crainte. On se met des oreillers sur la tête, et on les attache avec des linges: c'était la protection contre la chute des pierres. Déjà il faisait jour ailleurs, mais là était une nuit plus noire et plus épaisse que toutes les nuits.

Cependant on s'éclairait avec des torches nombreuses et des lumières de toutes sortes. On résolut d'aller au rivage, et de voir ce que permettait la mer; mais elle restait grosse et contraire. Là, mon oncle se coucha sur un drap, demanda à diverses reprises de l'eau froide, et en but. Puis les flammes et une odeur sulfureuse qui annonçait les flammes mettent les autres en fuite, et, lui, le font lever. Appuyé sur deux esclaves, il se redresse et tombe aussitôt. je pense que la vapeur épaisse lui coupa l'haleine et lui ferma le passage de la respiration, qui chez lui était naturellement faible, étroit, et fréquemment oppressé. Quand le jour fut rendu (ce fut le troisième après le dernier qu'il avait vu), le corps fut trouvé intact, sans lésion, et couvert de ses vêtements. Son apparence était plutôt celle d'une personne qui se repose que d'un mort. Pendant ce temps là ma mère et moi nous étions à Misène; mais cela n'importe pas à l'histoire, et vous n'avez voulu savoir que les détails de la fin de mon oncle. Je terminerai donc ici ma lettre. Je n'ajouterai qu'un mot: c'est que j'ai retracé fidèlement toutes les particularités que j'ai apprises sur le moment, quand les récits ont le plus de vérité. Vous, vous tirerez de là le meilleur. En effet, c'est autre chose d'écrire une lettre ou une histoire, autre chose d'écrire pour un ami ou pour le public.»

PLINE LE JEUNE, "Lettre à Tacite", Lettres, VI, reproduite et traduite par ÉMILE LITTRÉ, "Notice sur Pline et son livre", in Histoire naturelle, Paris, Dubochet, 1829, volume I, IV.
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MessageSujet: Re: Pline l’Ancien   Mer 29 Aoû - 12:35

Caius Plinius Secundus connu sous le nom de Pline l’Ancien est né à Côme en 23 après JC (sous Tibère).
Il fut l’un des esprits les plus curieux de son temps. Il fut aussi un auteur prolixe. Son seul ouvrage conservé est son "
Histoire Naturelle " qu’il publie à 52 ans, la dédiant à Titus, fils de Vespasien. L’influence de ce livre se fera sentir chez les savants des écoles de Bagdad et de Cordoue, au X° et au XI° siècle ainsi que chez les médecins de l’école de Salerne (IX° siècle et fermée en 1812 par Murat).
Pline appartenait à une famille très riche. A
20 ans, il rentre dans l’armée romaine après avoir étudié à Rome. Il sert en Afrique puis en Germanie. Il publie " histoire de la guerre de Germanie ". Il quitte l’armée et ouvre un cabinet d’avocat et publie un ouvrage relatif aux études juridiques. Néron lui confie ensuite le poste de procureur de la Province d’Espagne. Vespasien le rappellera à Rome où il va devenir conseiller de l’empereur. Celui-ci le met à la tête de la flotte impériale. C’est en voulant sauver les habitants de la côte menacée par l’éruption du Vésuve que Pline mourut asphyxié par les émanations.

Son "
Histoire Naturelle " comprend 37 volumes qui sont une magnifique source de renseignements. Cet ouvrage constitue une encyclopédie des connaissances de l’époque du début du christianisme. Elle comprend plus de 2000 documents recueillis au cours de ses voyages. En ce qui concerne la médecine, il reprend ce qu’avaient écrit les savants et il y ajoute les traditions populaires de Rome, des Gaules, des provinces d’Afrique, d’Espagne et d’Orient. En médecine dentaire, tous les domaines de la pathologie sont abordés. Il est le seul à faire de l’anatomie comparée et ses ouvrages comportent une importante pharmacopée à destination odontologique.

Dans le livre XI, il évoque les prédictions que l’on peut tirer de la morphologie des dents. En effet, par la forme, la disposition, le nombre de dents à un âge donné, il pense qu’il est possible de connaître l’avenir d’un enfant. Ainsi, les femmes qui ont, à la mâchoire supérieure droite, une canine double sont assurée de la protection des dieux (exemple : Agrippine). De même, le nouveau-né qui a une dent deviendra illustre si c’est un homme, aura tous les malheurs si c’est une fille !

Pour Pline, c’est la pituite, encore elle, qui est à l’origine de la carie.
Il conseille de ne pas incinérer le corps d’un enfant qui n’a pas de dents car, pour lui, les dents ont un rôle dans la vie de l’au-delà.
Il fait de la dent un organe de
3° catégorie comme les ongles, les cheveux et les poils.
Il conseille les gargarismes d’urine car cette dernière neutraliserait la pituite.
De même le mélange de vin et de miel est bénéfique pour conserver une bonne santé buccale. En effet, le miel est purificateur car il est réputé tombant des étoiles, la nuit, sur les fleurs. Seul les hommes doivent aller le chercher après s’être purifié par un bain, en portant des vêtements neufs et ne sans avoir eu commerce avec des femmes. On avait ainsi conservé le corps d’Alexandre dans un sarcophage rempli de miel pour le ramener d’Alexandrie.
Pour éliminer une dent malade, Pline conseille de mettre du suc d’Euphorbe dans la cavité. Ainsi, la dent se brise en morceaux.
Pour la thérapeutique, Pline faisait faire des manœuvres de transfert : il déplaçait le mal des mâchoires vers d’autres régions. Celui qui souffrait d’une dent, déterrait une plante, en frottait la gencive
3 fois, crachait et rejetait ainsi une partie de la douleur. La plante était remise en terre et ce qui restait de la douleur transmise au sol.

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