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Le fluor

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Robert Nyst
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MessageSujet: Le fluor   Mar 6 Mar - 14:41

http://www.dentiste.be/doc/fluor.htm

Fluor : quoi de neuf ?
Actualisation des conseils "fluor" et bilan fluoré.
DOCUMENT A DESTINATION DES DENTISTES
Les recommandations de la FONDATION pour la Santé DENTAIRE
Il y a plus de trente ans, les dentistes ont pris l'habitude de conseiller l'administration orale de fluorures sous la forme de comprimés ou de gouttes. Les connaissances scientifiques évoluant, les mécanismes d'action des fluorures ont été mieux compris. Ainsi, l'effet systémique des fluorures, c'est-à-dire l'effet obtenu par ingestion des fluorures, n'a plus l'importance qu'on lui accordait auparavant. Les fluorures administrés " per os " n'ont finalement que peu d'impact sur le processus carieux. Si la carie dentaire est en régression ces dernières années, nombreux sont les auteurs qui en attribuent la cause à l'utilisation généralisée des dentifrices à base de fluorures. Il est aujourd’hui unanimement reconnu que le fluor a principalement un effet local. Cet effet local est obtenu par incorporation directe des fluorures dans l'émail dentaire après l'éruption de la dent.
Nos modes de prescription en ce qui concerne le fluor ont dès lors évolué.
La présente information s'adresse aux dentistes, mais s'inscrit dans un campagne d'information vers tous les professionnels de santé concernés (dentistes, médecins, pédiatres, gynécologues, pharmaciens) et a pour but de leur donner une information claire et actualisée qu'ils pourront alors communiquer à leurs patients.
Fluor et fluorures
Le fluor est un oligo-élément: il intervient notamment dans le métabolisme osseux et dans la minéralisation des dents. Le fluor n'est pas présent à l'état libre dans la nature. Etant donné sa très forte électro-négativité, on le retrouve presque uniquement sous la forme de combinaison chimique, c'est-à-dire lié à d'autres éléments chimiques. C'est la raison pour laquelle, on doit préférer le terme de "fluorures" (p. ex. fluorures de sodium, fluorures d'amines, etc.). Les fluorures sont très répandus dans la nature: les sols (minerais), dans l'air, dans les eaux et dans certains aliments (poissons, thé,…). Au niveau dentaire, les fluorures vont remplacer les groupements hydroxyles (OH-) présents au sein du cristal d'apatite, principal constituant de l'émail dentaire. Par ce mécanisme, l'apatite devient plus stable et moins soluble.
La carie dentaire
Les études épidémiologiques européennes montrent que la prévalence de la carie dentaire reste préoccupante, même chez les plus jeunes. Son processus étio-pathogénique est pourtant bien connu : Les principales bactéries responsables de la carie sont les Streptocoques et les Lactobacilles. Chaque fois que nous consommons des hydrates de carbone, ces bactéries cariogènes vont transformer les sucres en acides. La production de tous ces acides entraînent une augmentation de l'acidité dans la bouche (le pH diminue). Normalement, la salive va intervenir pour neutraliser cette acidité (effet tampon de la salive) et va permettre un retour à une situation normale environ 30 minutes après l'ingestion. Ce sont les phosphates et les carbonates présents dans la salive qui vont favoriser cette remontée du pH. On observe ainsi successivement des phases de déminéralisation suivies de phases de reminéralisation. Le temps pendant lequel les bactéries ont des hydrates de carbone à leur disposition sera déterminant: si la fréquence d'ingestion de sucres est élevée (par exemple si l'on consomme des friandises sucrées toutes les heures), le milieu buccal reste acide de façon permanente (il n'y a plus de retour à la normalité) et la dissolution de l'émail (décalcification ou déminéralisation) devient inévitable. Dans ce cas, les phases de déminéralisation sont plus importantes que les phases de reminéralisation et la carie pourra se développer et progresser.
Quelle prévention ?
Il est illusoire de vouloir prévenir la carie dentaire par le seul fluor. La prévention bucco-dentaire repose sur 4 piliers indissociables : fluor, élimination de la plaque, conseils alimentaires et interventions préventives et interceptives du dentiste. L'élimination régulière de la plaque dentaire grâce à une hygiène bucco-dentaire consciencieuse est bien évidemment essentielle. Une alimentation limitée à trois repas par jour et sans consommation de petits "en-cas" cariogènes entre les repas principaux constitue une excellente approche préventive, car on limite de cette façon les phases de réduction de pH, c'est-à-dire les phases de déminéralisation.
Quel sera le rôle des fluorures ?
La présence dans la salive de faibles concentrations en fluorures (provenant par exemple de l'utilisation d'un dentifrice à base de fluorures) va ralentir le processus de déminéralisation et favoriser la reminéralisation de l'émail. Celui-ci sera plus résistant à une attaque acide ultérieure éventuelle, grâce à l'incorporation des fluorures au sein même du cristal d'apatite. Les fluorures agiront aussi en réduisant la production d'acides au niveau de la plaque dentaire, par inhibition de différentes enzymes intervenant dans la glycolyse et dans le métabolisme cellulaire des bactéries de la plaque (énolase, ATPase…).
Les fluorures: quand, comment et quelle quantité ?
- Avant la naissance : les suppléments fluorurés ne sont pas recommandés.
- Avant l'éruption de la première dent de lait: pas de fluorures.
- Dès l'éruption de la première dent de lait et jusqu'à l'âge de 2 ans: Un moment fluoruré (le soir) en se brossant les dents avec une très faible quantité de dentifrice pour enfants (maximum 500 ppm de fluorures). Il existe des brosses à dents " bébé " particulièrement bien adaptées.
- De 2 à 6 ans: deux moments fluorurés par jour (matin et soir) en brossant les dents avec un dentifrice pour enfants (maximum 500 ppm de fluorures). Tant que l'enfant n'est pas capable de rincer, utiliser une quantité réduite de dentifrice. Dès que l'enfant est capable de rincer: appliquer une quantité de dentifrice équivalente à la grosseur d'un petit pois.
- A partir de 6 ans: idéalement trois moments fluorurés par jour (matin, midi et soir), en brossant les dents avec un dentifrice normal ( 1000 à 1500 ppm de fluorures)
Et en cas de grossesse ?
Même s'il est établi que les fluorures traversent la barrière placentaire, la prescription de suppléments fluorurés chez la femme enceinte ne se justifie plus étant donné l'importance limitée d'un effet systémique éventuel par les fluorures. Les études ne montrent pas de différence statistiquement significative entre les indices de carie chez des enfants ayant "bénéficié" d'une fluoruration prénatale et les mêmes indices chez des enfants sans fluoruration prénatale. On conseillera surtout à la femme enceinte une bonne hygiène bucco-dentaire, c'est à dire une élimination parfaite de la plaque dentaire. En effet, la grossesse peut aggraver une gingivite préexistante.
Et les enfants ?
Dès l'éruption des premières dents de lait, il faudra prévoir un apport fluoruré sous la forme d'un brossage à l'aide d'un dentifrice pour enfants (500 ppm en fluorures). La faible concentration de ce dentifrice vise à limiter les risques d'ingestion de quantités trop importantes de fluorures, puisqu'à cet âge l'enfant ne sait pas rincer sa bouche. Chez l'enfant, il ne faut jamais utiliser un dentifrice dont la concentration en fluorures n'est pas connue. La quantité de pâte dentifrice à conseiller chez l'enfant ne devra jamais être supérieure à la taille d'un petit pois. Chez le tout jeune enfant, le brossage est réalisé par les parents. Pour pouvoir facilement brosser les dents de son enfant, il faut être bien installé. S'il est couché sur la table à langer, on peut le placer en sens inverse, sa tête vers vous. Vous surplombez alors sa bouche et vous y avez accès comme un dentiste à la bouche de ses patients. On peut également prendre l'enfant sur les genoux en stabilisant sa tête. Il faut brosser tant les faces masticatoires, que les faces internes et externes des dents. A partir de trois ans environ, l'enfant commence à brosser lui-même ses dents. Il est facile de réaliser le brossage des dents lors du bain.Ce brossage effectué par l'enfant sera suivi par un complément de brossage réalisé par l'adulte. Au plus tôt l'enfant commence à brosser lui-même, au mieux c'est. Les parents surveilleront malgré tout l'usage parcimonieux du dentifrice, le temps accordé au brossage et son efficacité. Une étude a montré l'importance éducative de l'exemple des parents qui se brossent les dents en présence de leur enfant. Le nombre de brossage sera idéalement porté à trois à partir de six ans, âge d'éruption des premières dents définitives. Le brossage des dents n'est pas un acte facile à réaliser: l'enfant devra être secondé par un des parents et ce jusqu'à l’acquisition d’une efficacité suffisante..
Fluorose
En cas d'ingestions répétées de doses trop importantes de fluorures, on peut observer des pics plasmatiques élevés pouvant être responsables de diverses colorations au niveau des dents en cours de calcification. Ce phénomène - appelé fluorose- est lié à une prise incontrôlée de fluorures (comprimés de fluorures, gouttes fluorurées, eau de boisson ou de distribution fluorurée etc. …). Les premiers stades de la fluorose se manifestent sous la forme de taches blanches sur l'émail. Ce n'est que dans des stades plus avancés que peuvent se poser des problèmes de déficit esthétique. Une des causes la plus probable de la fluorose est la multiplicité de sources de fluor, pas toujours consciente : eau de distribution, eau en bouteille, complexe vitaminé fluoruré, …. Les sources se multipliant et s'additionnant, le risque de fluorose augmente. C'est pourquoi les pédiatres et les dentistes doivent absolument établir un bilan fluoruré avant de prescrire un supplément fluoruré éventuel. Si la prévalence de ces opacités de l'émail tend à augmenter, cela ne constitue toutefois pas encore un problème de santé publique comme l'est la carie dentaire. La préférence donnée actuellement à l'administration locale ou topique de petites doses de fluorures limite d'autant le risque de fluorose.
Fluor " per os "
Les mécanismes d'action des fluorures étant mieux compris à l'heure actuelle, on ne conseillera plus de suppléments fluorurés à ingérer sous forme de gouttes ou de comprimés si ce n'est éventuellement aux enfants à risque carieux élevé.
Même dans ces cas, les applications locales de fluorures restent prioritaires, que ce soit à la maison –par brossage- ou au cabinet dentaire.

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Robert Nyst
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MessageSujet: Fluoration de l'eau potable   Sam 24 Mar - 8:17

Québec

http://www2.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2007/03/20070323-075901.html

Régys Caron
Le Journal de Québec
23/03/2007 07h59
http://www2.canoe.com/journaldequebec.map

La Ville de Québec ignore depuis longtemps un rapport de son service de l'environnement recommandant l'arrêt de la fluoration de l'eau potable.
Il s'agit d'un mémoire signé en juillet 2004 par M. François Proulx, directeur de la division des laboratoires du service de l'environnement de la Ville de Québec. Le document recommandait notamment de «procéder à l'arrêt de la fluoration pour l'ensemble des citoyens de la Ville de Québec jusqu'à ce que des études satisfaisantes soient réalisées par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec».
Le comité exécutif de la Ville se retrouvait placé devant des avis contradictoires, plaide la chef de l'opposition Ann Bourget, qui siégeait au comité exécutif de la Ville à l'époque. «On avait une lettre du ministre de la Santé qui nous disait que la fluoration était souhaitable et des avis d'autres spécialistes qui nous disaient le contraire», précise Mme Bourget. Sous recommandation de la direction générale, le comité exécutif a choisi de ne pas donner suite au rapport de François Proulx.

Cancer
Le débat entourant la fluoration de l'eau potable est monté d'un cran, hier, avec la sortie du Front commun pour une eau saine (FCES), formé par des groupes sociaux, environnementalistes et des scientifiques opposés à cette mesure utilisée à Québec depuis 1972. Le FCES avait choisi la «Journée internationale de l'eau» pour tenir sa conférence de presse et demander à la Ville de Québec de cesser la fluoration de l'eau.
«Il est démontré que le fluor dans l'eau cause des mutations dans les cellules des êtres humains. Tôt ou tard ça fait des cellules cancéreuses. En plus ça accélère le croissance des tumeurs cancéreuses», a affirmé le docteur Pierre-Jean Morin, ex-directeur de la recherche médicale à l'hôpital Laval et coauteur du livre Fluoration autopsie d'une erreur scientifique.
Un avocat américain, Me John Remington Graham, est venu dire qu'il est désormais possible de prouver devant les tribunaux que la consommation de fluorure sur une période prolongée augmente le taux de mortalité chez les populations exposées. Me Graham a affirmé avoir plaidé plusieurs causes concernant la fluoration de l'eau devant les tribunaux américains.
La question est de trouver les ressources financières pour le faire, a-t-on précisé.

Boucher persiste et signe
Pour sa part, la mairesse Andrée Boucher souhaite toujours étendre le fluoration de l'eau à toute la Ville et ne voit la nécessité de faire entériner cette décision par le conseil municipal. «À mon sens on ne peut pas ramener ça au conseil parce que la décision au conseil est prise. Il s'agit de graduer la dose pour qu'elle soit partout comme elle était (avant l'interconnexion des réseaux)», a dit Mme Boucher.
La chef de l'opposition Ann Bourget n'en revient pas. «Mme Boucher est en train de réviser le schéma de couverture de risques et ça fait deux ans qu'il est adopté. Quand ça fait son affaire, elle dit qu'elle a les deux pieds dans le béton et quand ça fait pas son affaire, on change. Il va nous falloir prendre une décision là-dessus.»
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MessageSujet: Re: Le fluor   Lun 9 Avr - 8:10

http://www.actualites-news-environnement.com/20070403-fluoration-eau-toxique.php

Fluoration de l’eau : pratique utile ou toxique ? - 03 avril 2007 - 08:52 (Par Salim A. Bourras)


Fluoration de l’eau : pratique utile ou toxique ?


La fluoration de l’eau potable qui fait toujours débat au Québec, va bel est bien se poursuivre et sera même étendue à l’ensemble du réseau. Selon la Direction de santé publique du Québec, la fluoration de l’eau ne présente aucun danger pour la santé humaine, comme pour le Dr François Desbiens, directeur régional de la santé publique, qui déclare qu’aucun doute ne plane sur les effets bénéfiques de l’eau fluorée. Dans une lettre envoyée aux médias, M. Desbiens souligne la nécessité de maintenir cette mesure et de l’élargir. Il faut rappeler que plus de la moitié des habitants de la ville de Québec consomment cette eau fluorée.

Toujours selon la direction canadienne de la santé publique, la fluoration de l’eau potable est une mesure de santé publique efficace et sécuritaire qui a pour but d’améliorer la santé dentaire de la population. Pour la direction, cette évidence scientifique qui provient de nombreuses études est irréfutable : elle démontre que la présence de fluor dans l’eau potable produit un effet bénéfique sur les dents des citoyens et citoyennes et que celles-ci sont moins susceptibles à la carie dentaire. Cette mesure serait par ailleurs avantageuse financièrement au Montréalais car elle leur permet d’économiser les frais des soins dentaires. Toujours selon la même source, la fluoration de l’eau n’a aucun effet néfaste sur la santé.

Selon l’autorité sanitaire, de nombreuses études concluent que la consommation d’eau fluorée confère une protection contre la carie dentaire et ne présente aucun risque pour la santé globale. Ses scientifiques ont aussi examiné les hypothèses voulant que la fluoration provoque ou aggrave certains problèmes de santé, et leurs conclusions sont claires : aucune étude n’a démontré de différence dans la prévalence ou l’incidence de problèmes de santé ou dans les taux de mortalité entre les habitants des zones fluorées et non fluorées.

Cependant, des études indépendantes ont établi un lien entre la fluoration dans les aqueducs et des maladies graves telles que le cancer. Selon le Dr Hardy Limeback, de l’Université de Toronto, « Il y a moins de caries à Vancouver, où l’eau n’a jamais été fluorée, qu’à Toronto ». « Au Canada, l’on dépense davantage pour traiter la fluorose dentaire -due à un excès de fluor- que la carie, précise le Dr Limeback. Ces affirmations ont été vivement démenties par plusieurs par des agences environnementales et de santé publique tel que l'Agence de protection de l'environnement des États-Unis, qui écrit que «le poids de l'évidence provenant de 50 études épidémiologiques ne supporte pas l'hypothèse d'une association entre la fluoration de l'eau et le risque de cancer chez l'humain».

A l’échelle mondiale, la fluoration de l’eau potable est en déclin, et tendance est plutôt à en diminuer ou à en éliminer les doses, bien qu’elle soit recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Rappelons que la surconsommation de fluor cause la fluorose dentaire, pouvant mener à la carie, ainsi que la très douloureuse fluorose osseuse, souvent méprise pour de l’arthrite, une maladie qui connaît une hausse fulgurante. L’excès de fluor est aussi soupçonné de causer plusieurs problèmes de santé variant de la démence à l’hypothyroïdie, en passant par le cancer.
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Robert Nyst
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MessageSujet: Santé dentaire   Ven 13 Avr - 6:21

http://www.ledevoir.com/2007/04/12/139107.html

Une coalition menace de recourir aux tribunaux pour forcer la main à Montréal

Le ministre de la Santé, Philippe Couillard, l'a écrit noir sur blanc au maire de Montréal: la fluoration de l'eau est non seulement «sûre» mais «efficace» pour prévenir la carie dentaire. Pourtant, Montréal résiste toujours à fluorer son eau en dépit d'un taux de carie jugé épidémique dans certains arrondissements. Qu'à cela ne tienne, la Coalition de Montréal pour des dents en santé entend bien faire valoir son point de vue, quitte à recourir aux tribunaux s'il le faut.

Chiffres à l'appui, sa présidente a brossé un tableau troublant de la santé buccale des jeunes Montréalais. Dans certains quartiers les plus pauvres de l'île, jusqu'à 70 % des enfants ont des caries avant d'entrer à la maternelle. «Et ces enfants n'ont généralement pas une carie, mais des caries en raison de la fragilité des dents à cet âge», explique la Dre Stéphane Schwartz. Dans Côte-des-Neiges, par exemple, 47 % des enfants inscrits à la maternelle ont 14 caries ou plus! Idem pour 38 % des enfants de cet âge dans Hochelaga-Maisonneuve et 42 % dans Pointe-Saint-Charles.

Jugée épidémique, la situation avait conduit le directeur de la Santé publique (DSP) de Montréal, le Dr Richard Lessard, à recommander formellement à la Ville de mettre en place un programme de fluoration de l'eau potable afin de rendre l'émail des dents des enfants plus résistant aux attaques bactériennes. Mais son avis a été rejeté par le maire Gérald Tremblay, qui évoque «l'expression de préoccupations importantes venant d'une partie de la population et même de certains spécialistes».

Négligence passive

Sur son site Internet, la DSP accuse maintenant la Ville de Montréal de faire preuve de «négligence passive» parce qu'elle ne fluore pas son eau potable: «L'omission d'assurer l'effet préventif primaire qu'offre la fluoration de l'eau potable constitue un exemple de négligence passive. C'est un acte auquel nous ne pouvons plus continuer à nous prêter.»

Interpellé par la coalition qui l'invite à intervenir dans ce dossier, le directeur national de la Santé publique n'a pas caché sa surprise hier de voir que les résistances persistent. «Il y a une résistance qu'on ne comprend pas. Le maire évoque des réserves scientifiques que nous ne connaissons même pas, explique le Dr Alain Poirier. Les bienfaits du fluor dans l'eau potable sont très bien documentés. L'OMS recommande sans réserve la fluoration. Et j'ai ici un rapport que l'Institut national de la santé publique du Québec devrait publier sous peu qui dit exactement la même chose.»

À la coalition, on aimerait que le Dr Poirier oblige la Ville à donner suite à la recommandation de la DSP. Mais il affirme ne pas avoir ce pouvoir. «J'aimerais être capable de décréter avec un coup de marteau sur la tête de tous les maires qu'il faut fluorer l'eau, mais c'est à eux que revient la responsabilité de la qualité de l'eau.» Le Dr Poirier entend plutôt poursuivre son travail d'éducation auprès des maires de Montréal et de Québec, quitte à élargir son action aux responsables de l'Union des municipalités.

Mais le temps presse, fait valoir la Dre Stephane Schwartz, qui dirige la clinique dentaire de l'Hôpital de Montréal pour enfants de Montréal. Le haut taux de caries à Montréal chez les tout-petits a un effet direct sur les services offerts. Traiter 14 caries douloureuses dans la bouche d'un jeune enfant est un défi qui rebute les cabinets privés. Puisque le CHU Sainte-Justine n'accepte que les enfants qui sont atteints d'une autre maladie dans sa clinique dentaire externe, celle de l'Hôpital pour enfants déborde littéralement.

La Dre Schwartz estime que la liste d'attente atteint désormais les 18 mois. «C'est insensé, un enfant ne devrait même pas attendre un jour pour recevoir des soins dentaires», a dénoncé hier le président de l'Association des dentistes pédiatres du Québec, le Dr Duy Dat Vu. Si rien n'est fait à court terme, la coalition entend déposer une plainte formelle auprès de la Commission des droits de la personne, s'adresser à l'ombudsman de la Ville ou même demander aux tribunaux de forcer la Ville à appliquer la recommandation du directeur de la Santé publique.

Notons que les fluorures sont des minéraux que l'on retrouve couramment dans la nature. L'eau de Montréal contient naturellement 0,15 mg/l de fluor, un taux que la DSP suggère de hausser à 0,7 mg/l. À ce taux, il faudrait boire deux pleines baignoires d'eau par jour pour que des risques de surdose apparaissent, fait valoir la Dre Schwartz. Au Québec, à peine 6 % de la population a accès à de l'eau fluorée, contre 70 % en Ontario et 66 % aux États-Unis.
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