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Robert Nyst
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Age : 57
Inscrit le : 15 Fév 2007
Messages : 746
Localisation : Belgique
Qualification : Technicien dentaire indépendant

MessageSujet: Profil de Robert Nyst   Lun 23 Avr - 20:12


Bonjour,


Que ceux qui liront ce texte ne s'inquiètent pas, j'ai horreur des présentations narcissiques. J'essayerai simplement d'être narratif en me plaçant dans notre contexte contemporain.
Je suis né en 1951 de père hollandais (Maëstricht) et mère bruxelloise.
Mes grands-parents sont issus de la croisée des chemins d'un 19ième et 20ième siècle bien difficile.
Mon grand-père maternel, Désiré Bartholoméus, 5 ans poilu de 14/18, fils d'une famille de 8 enfants de Lierre (Lier en Flandre) dont quatre fils firent la guerre des tranchées de l'Yser et dont seul mon arrière-grand-père mourut, de crainte, de désespoir et de chagrin. Seul victime, car les quatre frères revinrent sauf de cette sale guerre.
Mon grand-père eut un acte de bravoure en sauvant un soldat, il fut blessé d'une balle au genou et, après avoir rampé 7 kilomètres dans la gadoue, il fut envoyé en revalidation en Angleterre pour être ensuite remis sur le front. Il eut à subir le gaz moutarde et finalement les décorations méritées.
Après la guerre, avec son compagnon d'arme, ils épousèrent, le même jour, deux sœurs d'un pâtissier de Mons.
Il perdit sa femme en 1929, morte de la tuberculose.
Ma mère et son petit frère furent orphelins de leur maman à l’age de 7 ans et 4 ans !
Du côté de mon père, la Hollande étant neutre à cette époque, pendant la première guerre les gens subirent des problèmes économiques et sociaux graves qui entraîna la faillite de l'affaire familiale et la maladie de mon grand-père (paralysie). Ce fut la raison de leur émigration vers la grande ville, Bruxelles, après la guerre.
Anecdote, il y avait un oncle par alliance, Allemand d'Aix-La-Chapelle, condamné à mort par contumace pour avoir déserté l'armé des casques pointu et qui aurait du se trouver en face de mon grand-père, poilu des tranchées d'en face. Vous suivez ?
Après cette première guerre tout ce petit monde de Lierre, Maëstricht et Mons se retrouva à Bruxelles à la recherche de nouveaux destins ???
Mon père ayant la charge de ses parents, ma mère ayant 17 ans lorsque le 10 mai 40 la deuxième guerre éclate !
Anecdote qui amusera quelques Bruxellois, ma mère habitait avenue Gustave Latinis, lorsque le 10 mai 40 les Allemands bombardèrent la rue de petites bombes incendiaires qui restaient accrochées dans les toitures. Mon grand-père sortit avec des seaux d'eau en gueulant avec un petit accent bien Bruxellois « Allez ! Ils exagèrent quand même maintenant avec leurs exercices militaires au Tir National ». Le Tir National se trouvait là où est implanté actuellement la RTB et BRT. D'ailleurs, ceux-ci nous bombardent tout autant ! Le Tir National fut un haut lieu militaire où beaucoup de soldats furent fusillés par les Allemands entre 40 et 45 ! Il faudrait un jour le rappeler ! ! !
A cette époque ma mère ne pouvait plus suivre l'école et alla travailler pour une société d'exploitation de charbon « Cobechar » ? Elle gagnait si peu qu'on lui donna des avantages en nature sous forme de cinq tonnes de charbon par an qu'elle s'empressait d'offrir à tout le voisinage dans le besoin ! Elle faisait, par petites quantitées, les livraisons à vélo.
Juste avant la guerre elle avait eu les remontrances de mon grand-père pour avoir été à une manifestation de Degrelle. Degrelle eut lui les remontrances d’une crosse grondante (début de sa chute) du cardinal Van Roy furieux (lointain cousin par alliance de mon grand-père, la maman de Van Roy était une Bartholoméus). Pendant la guerre ma mère eut encore les remontrances de mon même grand-père pour avoir distribué des tracts anti-nazi près de la bourse avec un ami dessinateur et collègue acteur "Didier Geluck" qui lui faisait la cour. Je vous dis pas l'engueulade que le coco subit ! Il mit Didier à la porte et brûla tous les tracts dans le poêle à charbon ! Mon grand-père avait assez donné ! Non ?
Et oui ! Comique n'est-ce pas ! A cette époque ma mère jouait avec Didier (père de Philippe) dans la troupe paroissiale de l'église Sainte Suzanne de Schaerbeek « La jeune équipe » !
Ne sachant pas…, elle choisit mon père et ils eurent trois chatons ! Ha ! Ha !
Mon père et ma mère se marièrent en 44 pendant les derniers bombardements de Bruxelles du coté de la place Rouppe. Ils partirent en voyage de noce à vélo du côté de « La Hulpe » et « Genval » et eurent leur première lune de miel tremblant dans une mansarde pas loin du restaurant « Les trois colonnes » et de l’une des dernières tapageuses Commandature allemande de cette guerre pourrie.
Après nous remontons plus vite le temps, par les années 50, comme enfants, échos confus d’une guerre de Corée, l’expo 58 et l’Atomium inaccessible tant il y avait du monde.
L’indépendance du Congo d’où le frère de ma mère du revenir en catastrophe dans les années 60. Découverte de l’Afrique par le biais de fouilles nocturnes illicites dans la cave de mes parents, de malles et fûts envoyés par les transports Maritimes Oxaco. Découverte de masques africains me plaquant d’effrois, statuettes, flèches, lances, crocodiles empaillés, dessins divers et appareils inconnus: d’enregistrement, caméras, projecteurs, écrans, sorbetières et autres ustensiles plutôt féminins totalement inconnus à mon âge et me laissant aujourd’hui encore bien perplexes ?
On passe par mai 68, fugue d’ado de 10 jours en 69 à Paris, Hair avec Julien Clerc…(tous nu sur scène), le premier homme sur la lune, faites l’amour et pas la guerre, la première fille et retour à la maison avec une année scolaire perdue.
Premières lectures graves, Emile Zola, Dostoïevski, existentialistes, Jean Sol Partre, Godard, La Chinoise, l’Espagne, Franco, le Vietnam…
Je cherche des études à faire, ma mère me dit d’aller voir du côté d’un technicien dentaire qui avait racheté la maison de mon grand-père.
Mon grand-père l’avait revendue en se remariant à 65 ans, provoquant ainsi des discordes avec sa sœur qui s’était occupé de ma mère et son frère ! Ah ! Les femmes parfois ?
Mon grand-père, le pauvre, il se retrouva veuf quatre ans plus tard, sans maison et retourna habiter chez sa sœur ! Vous voyez le lien ?
Ainsi donc j’entrepris les études de technicien dentaire et ceci fait que je vous en parle encore aujourd’hui ! Comme d’autres, je fit patiemment les trois ans de formation aux Arts et Métiers à Bruxelles.
En 71, premiers, deuxième, troisième boulot inadapté, inadaptable, contexte absurde.
En 72, départ vers la Hollande (Den Haag) avec une petite Hollandaise et pour arriver finalement seul à Amsterdam. Trop tard pour y retrouver les Provos !
Boulots divers, pizza, grand magasin, 73, de nouveau technicien dentaire à Haarlem. Laboratoire de 40 techniciens qui à l’époque était déjà occupé à délocaliser vers la Pologne. Les calculs étaient faits, pour un salaire minimum légal en Hollande tu avais 12 Polonais à la cheville et pour qui osait tu avais 100 Chinois ! Le laboratoire à été remis et ils sont encore à quatre à faire les récoltes et envois !
En 76, boulot à l’université d’Amsterdam. Département Maxillo-faciale prothétique, là t’es un numéro dans un contexte trop vaste. Des fausses dents d’accord mais des fausses lunettes, faux yeux, fausses oreilles, faux nez, chambre à air à pression réglable par le patient pour reconstituer sa physionomie… trop de matières et des patients sans nez, sans palais, sans yeux, sans oreilles, trop pour mon âge et bien trop mal encadré. Sous payé, on me fait miroiter la pension et autres avantages du fonctionnaire ? A cet âge je pense pas que ce soit ça qui fonctionne ? Le labo se trouvait à coté du département d’Histologie, le puzzle des corps qui y étaient préparés pour les étudiants… je fuis….
On me propose Calcutta, Aruba, Suriname… !
Bref ! De nouveau trop !
Retour en Belgique, Gand et collègues tout azimut ! Dialectes de Gand, d’Anvers, de Courtrai et d’ailleurs ? Adaptation difficile dans un contexte de rupture de contrat unilatéral et objectivement scandaleux !
Mais vous l’aurez compris, déjà je ne m’étonne plus de rien !
En 78/79 je deviens indépendant à Gand avec les dentistes comme seuls patrons (?). Spécialité, couronnes et bridges.
Je me marie et j’ai deux enfants ! Mariage idyllique pendant 15 ans avant de vivre un retournement de situation, elle retourne sa veste (chacun son point de vue) et nos chemins se séparent !
Je continue la profession, j’égraine, un employé part chez le jeune et nouveau frais concurrent du coin, bien entouré, à longues dents, quelques clients suivent, d’autres fidèles, restent !
La vie continue. Un célibat épique et une attente bien philosophique ! J’assume tout… ! Faut bien ! Ha ! ha !
Pour sauver le patrimoine, 12 ans après le divorce, passation des clefs de la maison familiale à mon ex et j’emménage à Nevele dans un superbe duplex où le confort me permet de disposer mieux de mon temps si précieux. Pas d’entretiens, de gazon, de piscine, de feuilles mortes à la pelle, de haies, de réparations diverses et sans fins.
Les enfants sont grands, ils volent de leurs propres ailes, je me libère, je m’épanouis !
La vie est faite de surprises et elles vont bon train, jusqu’au jour où je rencontre une jeune princesse Peuhle. L’exotisme le plus criant pour un technicien aux yeux fixés sur sa cheville !
Je lève la tête et me revoilà parti pour des projets exaltants !
Et oui je me vois déjà… en haut de la friche !
Demain, dans 4 ou 9 ans (60 ou 65ans), je pars vivre l’Afrique… !

à suivre… ???
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« Dans le désert si vous voulez de l’eau fraîche laissez-la s’évaporer ! » http://www.dentaire.com/AlliagesPorositesBrasuresEtPorcelaines.pdf http://users.telenet.be/sous.la.poussiere.des.grimoires/
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