Robert Nyst Admin

Age : 57 Inscrit le : 15 Fév 2007 Messages : 744 Localisation : Belgique Qualification : Technicien dentaire indépendant
| Sujet: Orthodontie halte au massacre Sam 12 Mai - 12:01 | |
| http://www.editionsluigicastelli.com/editionsluigicastelli/index.php?sp=page&c=345 ORTHODONTIE SAVOIR INTERVENIR TÔT
Interview d'Estelle Vereeck par Luigi Castelli à l'occasion de la sortie de son livre Orthodontie halte au massacre.
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Pour intervenir tôt, il faut déjà savoir qu'il y a problème à attendre. Il faut se souvenir que la croissance se termine vers douze ans. Il ne faut pas suivre les modes et savoir faire valoir son point de vue face à l'orthodontiste, ou alors en trouver un autre. Autant capituler, peut-être ? Finalement, est-ce si important ?
La réponse édifiante d'Estelle Vereeck.
« Orthodontie, halte au massacre » voilà un titre qui résonne comme un cri d’alerte.
– Estelle Vereeck : Un cri du cœur plus qu’un cri d’alerte. Mais vous avez raison, une alerte aussi. Il est temps de tirer la sonnette d’alarme.
Que reprochez-vous à l’orthodontie ?
– Mon propos est de pointer une certaine pratique que je qualifie d’agressive et de mutilante, notamment parce qu’elle extrait des dents saines.
Si c’est pour la bonne cause ?
– Hélas, non ! La manière dont l’orthodontie est actuellement envisagée manque de cohérence. La première incohérence est d’espérer guérir ou même seulement améliorer l’état d’un patient en l’amputant de dents saines.
Oui, comme vous dites dans le livre, pour tout autre organe ça paraîtrait aberrant.
– Et le pire, peut-être, c’est que d’emblée ça axe le traitement sur une vision réductrice de l’être humain. Autre incohérence, l’orthodontie intervient lorsque la croissance est terminée et que les malpositions sont installées depuis plusieurs années.
Mais ce n’est pas mieux d’attendre la fin de la croissance ?
– Surtout pas !
Ne craigniez-vous pas de susciter une polémique en remettant en cause l’orthodontie ?
– Je ne remets pas en cause l’orthodontie mais la manière dont certains la pratiquent, qui me paraît aberrante. Si le propos semble se prêter à polémique, c'est que la controverse existe depuis longtemps au sein de la profession. Pratiquement depuis les débuts de l’orthodontie, extractionnistes s’opposent aux non-extractionnistes.
Ah bon ?
– Oui, je ne fais que rendre public un débat ancien. Il me paraît important que les patients puissent donner leur avis et que cette question, éthique autant que thérapeutique, ne soit pas confinée aux seuls débats de spécialistes.
Mais ne craigniez-vous pas de semer le doute et de créer la confusion dans l’esprit du public ?
– Le doute me paraît sain quand il remplace des certitudes qui ne sont que dogmes et idées reçues. Le consentement du patient doit être, dit-on « éclairé ». Il ne peut l’être qu’à la lumière du doute et de la remise en question. Mon livre n’incite pas à refuser tout traitement mais à se poser la question de savoir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas dans le cadre d’un traitement raisonné.
Donc, vous souhaitez former le patient ?
– Non, l’informer. Ce livre n’est pas un traité d’orthodontie. C’est avant tout une réflexion sur la manière d’envisager le traitement. Tous les chemins mènent à Rome. Le but est d’informer le patient sur les différentes voies possibles et leurs conséquences, non de choisir pour lui.
Les traitements par verrous collés sur les dents sont à pointe de la technologie moderne. Mais vous, vous affirmez qu’ils ne sont pas idéaux ! Vous allez à contre-courant, vous refusez le progrès ?
– Le progrès ne vaut que s’il est au service du bonheur et du bien-être de l’homme. La technique doit s’adapter aux besoins du patient et non l’inverse. Bien qu’efficaces et précis, les traitements multibagues ont des effets secondaires. Par exemple celui de nécessiter souvent l’extraction de dents saines.
Pourtant, on ne peut pas nier leur efficacité, tout de même !
– Certes, l’effet « avant/après » est spectaculaire. Mais la correction ne tient pas. Les dents se déplacent à nouveau dans la quasi-totalité des cas. Le résultat est d’autant plus décevant que des dents saines ont été sacrifiées en vain. Sans aller jusqu'à les bannir, leur utilisation doit être limitée à des cas spécifiques ou combinée à d’autres techniques afin d’éviter toute extraction. Ils font partie de l’arsenal thérapeutique dont dispose l’orthodontiste. Y recourir à bon escient, voire avec circonspection, comme pour les antibiotiques, est le bon sens même.
Vous ne prônez aucune méthode ou technique en particulier ?
– Pour moi, toute technique est bonne à utiliser dans la mesure où elle respecte l’être humain dans son intégrité physique et psychique. Je déconseille vivement les techniques qui obligent à extraire des dents saines. Pour moi la guérison passe par un ensemble de techniques ou de méthodes qu’il s’agisse d’orthodontie pure, de rééducation fonctionnelle et d’accompagnement psychologique.
Ah oui, le psychisme ! Il suffit de comprendre chez soi ou chez son enfant la problématique qui a généré la dysmorphose pour que tout rentre spontanément dans l’ordre !
– Non pas du tout ! Il est tentant de croire que la prise de conscience peut tout régler. Malheureusement, au risque d’en décevoir certains, il n’en est rien.. Ce serait de l’obscurantisme. Il ne faut pas remplacer une technique mutilante par des croyances mutilantes.
Mutilantes ?
– Oui, car croire au miracle est une façon de s’empêcher de guérir. Des dents mal implantées ne se redressent pas seules, même si on a tout compris ou tout résolu intérieurement. Les contraintes mécaniques liées au fait que les dents s’emboîtent les unes dans les autres font qu’il est nécessaire de passer par un traitement mécanique. À l’inverse, la correction mécanique seule est insuffisante.
C’est la fin de l’hégémonie de l’orthodontiste !
– Oui et non. C’est lui redonner son rôle et redonner au patient le sien. Qui est de se prendre en charge. Ou alors de ne pas s’attendre à des miracles.
Certains se demandent peut-être : qu’est ce que le psychisme a à voir avec l’implantation des dents ?
– Les dents s’implantent selon des lignes de force qui sont des manifestations du psychisme. Ainsi, leur alignement exprime nos croyances, les tendances profondes de notre personnalité. L’axe des dents manifeste notre dynamique, notre rapport au monde. C’est l’axe des dents qui fait l’expansion osseuse. On va dire : « il a les dents en arrière parce que sa mâchoire est trop petite ». En réalité, c’est l’inverse. Des dents trop en arrière freinent le développement de l’os. C’est là qu’intervient le psychisme.
Oui et puis comme vous dites, la langue joue un rôle important. On comprend bien qu’elle soit sous l’influence du psychisme.
– Mais on méconnaît sa fonction. Elle est la pièce centrale et déterminante du système. De sa position dépend le développement des mâchoires. On en entend peu parler. Pourquoi ? Mystère ! Ou peut-être parce qu’on sépare médecine et psychologie. Car sa position et les habitudes nocives qui y sont associées (succion, déglutition) reflètent le rapport au principe nourricier et maternel.
Ce n’est pas un peu simpliste de tout ramener au stade oral ?
– L’oralité est notre première porte sur le monde. L’enfant qui vient au monde est centré sur sa bouche. Le goût est, à la naissance, le sens le plus développé. Par leur mise en place, les dents décrivent l’évolution délicate du nouveau-né, totalement dépendant et vulnérable, vers l’état d’individu séparé de la maman et relativement autonome. Rien d’étonnant donc que tout accroc dans ce passage difficile ait des répercussions sur nos dents.
Oui, vu comme ça… Comme on oublie l’essentiel ! Bon, et pour finir, quel conseil donneriez-vous aux parents soucieux de bien faire ?
– D’abord je leur conseille d’intervenir le plus tôt possible. Certains problèmes ne se traduisent pas par un défaut d’implantation, un contrôle s’impose donc dès que les dents sont en place. Et si on leur conseille d’attendre, de ne pas hésiter à prendre d’autres avis.
Ensuite, je leur suggère de s’interroger sur ce qui ne va pas dans leur relation avec l’enfant. Non pas dans l’esprit de se culpabiliser en se disant « c’est de ma faute s’il est comme ça », mais en cherchant concrètement les modifications qu’ils peuvent apporter dans leur façon de traiter l’enfant afin de l’aider à se redresser aussi bien intérieurement qu’extérieurement. Un changement d’attitude, un regard bienveillant, des paroles valorisantes peuvent aider à changer le cours des choses.
Puisse-t-on vous entendre ! _________________ « Dans le désert si vous voulez de l’eau fraîche laissez-la s’évaporer ! » http://www.dentaire.com/AlliagesPorositesBrasuresEtPorcelaines.pdf http://users.telenet.be/sous.la.poussiere.des.grimoires/ |
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